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7 June 2021


J-4 avant l’Euro. Un an que toute la planète football assiste à la grand-messe du football européen. 24 équipes, 72 gardiens, Main Opposée vous propose de découvrir jour après jour ceux qui défendront les couleurs et les filets de leurs pays lors de la compétition pour tenter de détrôner le Portugal de Rui Patricio, tenant du titre. Aujourd’hui, la Hongrie.

Quatrième d’un groupe de qualification dans lequel ils étaient opposés à la Croatie, le Pays de Galles, la Slovaquie et l’Azerbaïdjan, les hongrois n’auraient pas vu l’Euro sans les fameux sésames délivrés via les barrages, au nombre de 4. Ainsi, ils rejoignent l’Ecosse, la Macédoine du Nord et les slovaques au pays des Lucky Losers. Passé par la voie A des barrages où l’on retrouvait la Bulgarie, l’Islande et la Roumanie, les hommes du sélectionneur national Marco Rossi ont tout d’abord vaincu les bulgares sur leur terrain (1-3), avant d’affronter l’Islande pour le précieux ticket.

Pour cette finale, c’est bien la Hongrie qui reçoit le quart de finaliste de l’Euro 2016 en France, mais les choses semblent mal engagées lorsque Gulacsi, l’héritier de Gabor Kiraly, commet une énorme erreur permettant aux islandais d’ouvrir le score dès la 9e minute sur un coup franc direct ne présentant pour seul danger que le fait d’être cadré. Le temps passe, les hongrois poussent mais ne parviennent pas à tromper la vigilance du portier islandais jusqu’à la 88e minute et l’égalisation de Négo. On pense alors que les deux nations vont offrir 30 minutes de spectacle supplémentaires aux strapontins vides du stade de Budapest, mais Szoboszlai délivre les siens au bout du temps additionnel en trompant Halldorsson d’une frappe limpide des 20 mètres qui vient mourir au pied du poteau islandais. Les nordiques sont en pleurs, les hongrois aux anges : ils seront à l’Euro !

Placés dans le groupe F, la Hongrie pourrait passer un mauvais quart d’heure dans ce que l’on appelle communément le “Groupe de la Mort” : l’Allemagne, contre qui l’on joue à 11 contre 11 mais qui gagne toujours à la fin selon Gary Lineker, le Portugal, tenant du titre et vainqueur de la Ligue des Nations, et enfin l’équipe de France, championne du monde et vice-championne d’Europe. Soyons réalistes, le football a beau parfois réserver de belles surprises, on serait plus proche du miracle si la Hongrie parvenait à s’extirper de ce groupe monstrueux. Pour tenter cette prouesse, Marco Rossi a communiqué la liste des joueurs hongrois appelés à défendre le plus chèrement possible leur peau, liste dans laquelle on retrouve trois portiers : Peter Gulacsi, Adam Bogdan et Denes Dibusz.

“QUI RESTE ASSIS NE TOMBE PAS”

Héritier de Gabor Kiraly, le portier qui ne jouait jamais sans son survêtement fétiche, Peter Gulacsi a failli coûter cher à ses compatriotes et coéquipiers, mais il serait injuste de le réduire à cette erreur tant le dernier rempart du Red Bull Leipzig s’est imposé comme une valeur sûre du poste ces dernières années. Et puis, comme dit le proverbe hongrois “qui reste assis ne tombe pas”.

Dauphin du Bayern Münich dans le championnat allemand, le RB Leipzig a pu compter sur son portier lors de 33 des 34 journées que comporte la Bundesliga. En effet, il ne s’absente que lors de la 34e et ultime journée, en raison d’une déchirure dans une capsule articulaire, l’occasion pour son numéro 2, Josep Martinez, de jouer quelques minutes cette année mais pas de remettre en cause la hiérarchie bien établie au sein du club allemand, d’autant plus que son portier hongrois sort d’une nouvelle saison de qualité : moins d’un but par match encaissé (30 en 33 matchs) et 15 clean sheet, dont 4 entre la 11e et la 14e journée. Autrement dit, seul le Bayern Munich est parvenu à tromper la vigilance du portier hongrois au mois de décembre. Une valeur sûre du championnat.

En coupe d’Allemagne, Gulacsi n’est pas partageur et dispute l’intégralité des rencontres du club de Leipzig. Auteur de quatre cleansheet lors des quatre premiers tours, il cède face au Werder Brême mais Red Bull donne des ailes et les lipsiens s’imposent 2 buts à 1 après prolongations et accèdent à la finale de la compétition où les attendent les joueurs du Borussia Dortmund. La finale sera d’un tout autre acabit. Battu dès la 5e minute, le portier d’un mètre 90 s’inclinera trois nouvelles fois dans cette finale, laissant aux jaunes et noirs les joies de la victoire et aux fans du RB Leipzig leurs yeux pour pleurer.

Sur le vieux continent, le natif de Budapest doit s’employer dans un groupe où le club allemand est confronté au Paris SG, à Manchester United et au Basaksehir. Quatre victoires en 6 matchs, un clean sheet face aux turcs en ouverture, Gulacsi, qui arbore le brassard de capitaine lors des deux premières journées de la Ligue des Champions mène les siens vers les huitièmes de finale aux dépends de Manchester United, battu par les allemands lors de la dernière journée (3-2). En effet, c’est un Gulacsi des grand soirs qui, d’un magnifique réflexe, empêche les anglais d’égaliser à 3 buts partout dans les arrêts de jeu, un score qui aurait permis aux hommes de Solksjaer de poursuivre leur épopée en Ligue des Champions et envoyé Gulacsi et les siens en Europa League. Une qualification signée Gulacsi.

Leipzig aurait-il pu connaître un parcours plus heureux en Europa League ? Personne ne le sait, mais affronter Liverpool en huitièmes de finale n’a certainement rien d’une sinécure. Battu 2-0 à l’aller comme au retour, le RB Leipzig dit adieu à l’Europe dès le début du mois de mars et Gulacsi a dû voir Salah et Mané, buteurs lors des deux matchs, en boucle dans ses nuits sans sommeil. Décisif à plusieurs reprises, le portier hongrois n’a pu sauver la maison allemande et rattraper les erreurs de ses coéquipiers au match aller, des erreurs ayant amené les deux buts anglais en quelques minutes et condamné le RB Leipzig a un exploit qui ne sera pas réalisé au retour, malgré un Gulacsi une nouvelle fois décisif.

Enfin, s’il débute sa carrière internationale en mai 2016 lors d’un match amical face à la Côte d’Ivoire, match au cours duquel il ne dispute que 45 minutes mais garde sa cage inviolée, Gulacsi prend possession de la surface de réparation hongroise le 6 septembre 2016 lors des éliminatoires de la coupe du monde en Russie. Depuis lors, il n’a raté que 11 matchs sur 48 possibles avec sa sélection et en a même porté le brassard de capitaine à deux reprises, contre la Serbie au mois d’octobre, puis le week-end dernier face à Chypre en match de préparation.

Arborera-t-il le brassard de la nation lors de la compétition ? Réponse dans quelques jours lors du premier match hongrois de cet Euro, face au Portugal de Cristiano Ronaldo et Rui Patricio, tenant du titre continental, mais une chose est sûre : avec ou sans brassard, Gulacsi sera une des pièces maîtresses de la Hongrie et un gardien à surveiller cet été, lui qui se verrait bien arbitrer ces combats de titans entre portugais, français et allemands.

POURQUOI FAIRE COMPLIQUE QUAND ON PEUT FAIRE SIMPLE ?

Marco Rossi connaît sûrement l’adage, et pour accompagner Gulacsi qui, sauf catastrophe, jouera l’intégralité de l’Euro dans les buts hongrois, le sélectionneur a fait simple, très simple même. Le club de Ferencvaros sacré champion de Hongrie, le sélectionneur national a complété son trio de portiers avec… les deux gardiens du club local ! Gulacsi sera donc entouré par le mètre 88 de Dénes Dibusz et le mètre 94 d’Adam Bogdan.

Âgé de 30 ans, le premier nommé est donc le titulaire du club phare local dont il est également régulièrement le capitaine. En 28 matchs de championnat, il réalise pas moins de 13 cleansheet en 28 rencontres et surtout, il n’encaisse que 19 buts. Ajoutez à cela deux penalties détournés sur les sept auquel il a dû se confronter, à ce niveau là, ce n’est plus un dernier rempart dont dispose le club champion de Hongrie, mais d’un mur. Les cinq derniers matchs de la saison seront à la charge d’Adam Bogdan qui n’encaisse que 3 buts et réalise pour sa part deux blanchissages.

En coupe nationale, Serhiy Rebrov, entraîneur principal de nos deux portiers, s’appuie en priorité sur Bogdan, titulaire lors du 1er et du 3e tour de la compétition. Victoires faciles des Fradi, mais c’est Dénes Dibusz qui dispute cependant le match des huitièmes de finale face au Fehérvár FC. Malgré la présence de son titulaire sous les bois, brassard au bras qui plus est, Ferencvaros s’incline 2 buts à 1, deux buts inscrits lors de la première mi-temps. Pas de doublé donc pour le champion de Hongrie, mais deux gardiens trentenaires avec lesquels Serhiy Rebrov ne rencontre pas de difficulté de gestion, et c’est probablement cela qui a motivé Marco Rossi à ne pas faire trop compliqué à l’heure de dévoiler sa liste de portiers.

Enfin, sur la scène européenne, nos deux inséparables gardiens ont dû batailler pour rejoindre la phase de groupe de la Ligue des Champions. Si Dibusz a joué l’intégralité des rencontres du club sur le vieux continent, Bogdan est resté sur le banc, tel un fidèle lieutenant. Après trois premiers tours de qualification qui auront vu Dibusz et les siens s’imposer, se présentent face à eux les norvégiens de Molde. 3 buts partout au match aller, cleansheet au match retour pour un nouveau score de parité (0-0), Ferencvaros est qualifié pour la phase de poules de la Coupe aux grandes oreilles, mais la marche est trop haute.

Placés dans le groupe G avec le FC Barcelone de Ter Stegen, la Juventus de Szczesny et le Dinamo Kiev de Buschnan, les hongrois ne parviennent pas à faire mieux que de la figuration. Cinq défaites, un match nul, la messe est dite pour Dibusz à qui il ne reste que l’épaule de Bogdan pour pleurer.

L’ESPRIT DE COUBERTIN

Les deux portiers seront donc les compagnons de fortune, ou d’infortune de Gulacsi durant cet Euro c’est selon, mais comme évoqué précédemment, il n’est que peu probable de les voir évoluer sur les pelouses européennes cet été, mais qu’importe… Après être passés par tous leurs états durant la phase de qualifications, les portiers hongrois sont à n’en pas douter, comme leurs compatriotes, déjà contents d’être là et incarneront certainement durant l’Euro les mots du Baron Pierre de Coubertin : “le plus important n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu”.


LA FICHE DU TITULAIRE

Peter Gulacsi Euro 2020 Euro 2021 Gardien de but Hongrie

PETER GULACSI
Club:
RB Leipzig (Bundesliga)

Âge : 31 ans
Né le : 06 mai 1990, à Budapest (Hongrie)
Taille : 1m91
Poids : 83 kilos 
Pied : droit
Main : droite
Gants : Adidas

Sélections : 37
1ère sélection : 22 mai 2014 (Hongrie – Danemark : 2-2)


Photo : LiveFoot


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Egalement dans le groupe F:

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