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10 June 2021


J-1 avant l’Euro. Un an que toute la planète football assiste à la grand-messe du football européen. 24 équipes, 72 gardiens, Main Opposée vous propose de découvrir jour après jour ceux qui défendront les couleurs et les filets de leurs pays lors de la compétition pour tenter de détrôner le Portugal de Rui Patricio, tenant du titre. Aujourd’hui, 24e et dernier épisode, l’équipe de France.

Vice-championne d’Europe il y a 5 ans, championne du monde il y a 3 ans, l’équipe de France arrive à l’Euro avec l’étiquette de favori collée partout sur son maillot. Victorieuse de la compétition à domicile en 1984 face à l’Espagne d’Arconada, auteur d’une des rares erreurs de sa carrière mais de loin la plus terrible, et en 2000 face à l’Italie de Toldo qui se voyait déjà championne avant que Wiltord n’égalise à une poignée de secondes du terme de la rencontre permettant ainsi à Trezeguet d’envoyer la France au 7e ciel sur une volée en or de toute beauté durant la prolongation, les Bleus se verraient bien faire la passe de trois cet été.

Pour tenter, et on l’espère réaliser cet exploit, le sélectionneur national français a changé son groupe de gardiens par rapport à celui qui avait touché le nirvana en Russie. Exit Alphonse Aréola, élu meilleur joueur de Fulham par les supporters du club anglais malgré une relégation en fin de saison, bonjour Mike Maignan, néo-champion de France et néo-milanais depuis peu, lui qui a confirmé tout au long de la saison ses bonnes dispositions.

Première de son groupe de qualification aux dépends de la Turquie, l’Islande, l’Albanie l’Andorre et la Moldavie, les hommes de Didier Deschamps présentent un bilan de 8 victoires, un nul et une seule défaite. On aurait donc tendance à penser que les Bleus se sont balladés mais ils ont en réalité dû batailler car les turcs ont su faire déjouer les français, s’imposant 2-0 à l’aller et arrachant un match nul sur le sol français à quelques minutes du terme de la rencontre. Côté gardiens, le sélectionneur national a pu et dû compter sur ses deux hommes de base : Hugo Lloris et Steve Mandanda. En effet, si le premier entame les qualifications, il se blesse gravement au bras lors d’un match de championnat face à Brighton au mois d’octobre 2019 et doit s’absenter des terrains jusqu’à la mi-janvier. 100 jours sur le carreau, le temps pour Steve Mandanda de démontrer que sa place de numéro deux dans la hiérachie des gardiens français n’est pas usurpée.

Si ces évènements auraient pu inquiéter le peuple français l’an passé, la pandémie de covid-19 est passée par là et a obligé les instances à repousser le tournoi. Une chance pour Lloris qui, même remis de sa blessure, a pu se rassurer durant une saison complète. Moins de chance en revanche pour Alphonse Aréola qui, s’il aurait sûrement fait partie du groupe l’été passé, a vu son compère de formation Mike Maignan lui passer devant comme nous le disions précédemment.

Placée dans le groupe F, la France aura fort à faire face à l’Allemagne, qu’elle affrontera mardi soir, la Hongrie, et le Portugal, pour un remake de la finale de l’Euro 2016 qui avait vu les lusitaniens vaincre sur le sol français. Un menu de choix, mais ne faut-il pas battre les meilleurs pour être champion d’Europe ? La France pourra s’y atteler d’entrée.

LE BOSS

Appelé 146 fois depuis 2008, Hugo “Boss” Lloris compte 125 sélections dans les buts de l’équipe de France. Pas encore un record, mais il se rapproche à grand pas de Lilian Thuram et ses 142 capes chez les Bleus. Capitaine depuis 2010, il a disputé 100 matchs avec le brassard de l’équipe de France au bras. Un record. Décisif lors de l’Euro 2016 et lors de la conquête du titre mondial en 2018, il sera essentiel au défi que ce sont lancés les joueurs de l’équipe de France : faire à nouveau rêver tout un pays. Mais revenons sur la saison du capitaine français qui arrive à l’Euro dans de belles dispositions malgré un exercice pas toujours facile pour son club anglais.

Capitaine de Tottenham, Hugo Lloris a disputé l’intégralité des rencontres de championnat. Si les hommes de Mourinho – remplacé en avril par Ryan Mason – ne finissent que 7e de Premier League, le dernier rempart français encaisse 55 buts dont 12 penalties – on le sait ce n’est pas la spécialité de notre portier – mais signe malgré tout 12 cleansheet, notamment face à Manchester City, Arsenal et Chelsea.

En FA Cup, Lloris ne dispute qu’un match, au 5e tour, face à Everton, mais quel match ! 12 frappes cadrées à gérer pour Lloris contre 10 pour Robin Olsen, portier d’Everton, le dernier rempart de Tottenham s’interpose à 7 reprises – une fois de plus que son alter ego suédois – mais les Hotspurs s’inclinent 5-4 et quittent la compétition. La Carabao Cup aura une toute autre saveur pour le gardien de but français de 34 ans qui joue l’intégralité des rencontres à disputer.

Pour son entrée en lice, Tottenham et son capitaine se voient opposés à Chelsea, futur vainqueur de la Ligue des Champions, et, une fois n’est pas coutume, Lloris fait la différence lors de la séance de tirs au but. Après un match nul un but partout et une copie parfaite de ses coéquipiers depuis le point de pénalty, l’ancien lyonnais s’interpose face à Jason Mount, ultime tireur des Blues. Stoke City et Brentford ne font pas le poids et seul le premier cité parvient à tromper, sans conséquence, la vigilance du portier français qui s’offre une finale à Wembley. Devant un peu moins de 8.000 spectateurs, Lloris résiste face aux assauts de Manchester City, repousse l’échéance, mais finit par craquer à dix minutes du terme sur un coup de pied arrêté de De Bruyne repris victorieusement de la tête par le néo-espagnol Aymeric Laporte, ou Lapuerta c’est selon.

Malheureusement, la coupe d’Europe ne sera pas la tasse de thé de notre portier expatrié chez les anglais. Il ne dispute en effet qu’une seule des trois rencontres nécessaires à son club pour accéder au tableau principal de la compétition et ne joue guère plus lors de la phase de poules. Absent deux fois pour blessure, il est laissé au repos lors du dernier match du groupe et prend place sur le banc à deux reprises, occupant le poste de numéro 1 brassard au bras une seule et unique fois. Les 16e de finales sont une formalité face aux autrichiens de Wolfsberger, tant et si bien que Lloris, titulaire à l’aller (victoire 4-1) est préservé au match retour et prend place une fois de plus sur le banc des remplaçants, mais en 8e de finale, les choses sérieuses commencent avec pour adversaire, le Dinamo Zagreb du portier croate Livakovic. Cette fois, Hugo est titulaire à l’aller comme au retour. Vainqueur 2-0 en Angleterre, on pense que le plus dur est fait, mais les croates renversent la vapeur au match retour, reviennent à 2-2 sur l’ensemble des deux matchs grâce à un but inscrit à la 82e minute et Lloris se voit contraint à disputer une demi-heure supplémentaire. Mislav Orsic, déjà buteur par deux fois est en feu et signe un hat-trick dès le changement de côté. Le portier français ne peut que constater les dégâts, l’aventure européenne s’arrête là.

En sélection nationale, il reste le Boss et dispute 11 des 13 matchs internationaux de l’équipe de France. Homme de base de Didier Deschamps, celui à qui l’on attribue souvent des airs de gendre idéal est toujours aussi décisif chez les Bleus. Qu’il soit beaucoup ou peu sollicité, il est systématiquement décisif. Après son parcours européen discret en club, Lloris rêve de crever l’écran une nouvelle fois, lui qui était passé à deux doigts d’être nommé meilleur gardien de la coupe du monde, récompense finalement attribuée au belge Thibaut Courtois après la bévue du portier français dans les ultimes secondes de la finale de la coupe du Monde. Toujours bien placé, membre du gotha mondial des portiers, il devra cependant soigner son jeu au pied pour apporter toujours plus à une équipe de France qui, sur le papier, fait trembler le continent tout entier.

LE FIDELE LIEUTENANT

A 36 ans, Steve Mandanda joue probablement son dernier tournoi international avec l’équipe de France. Dans l’ombre d’Hugo Lloris depuis des années, il a su répondre présent lorsque le sélectionneur a fait appel à lui, 34 fois pour être précis, même si, ne nous voilons pas la face, la sélection de Didier Deschamps paraît plus sereine quand son Boss est dans les cages.

Sortant d’une année sans véritable relief, le natif de Kinshasa (Zaïre) a néanmoins pu profiter d’un temps de jeu conséquent et de nombreuses sollicitations derrière un bloc marseillais pas toujours des plus imperméables. Ainsi, titulaire à 37 reprises en championnat, il ne manque à l’appel que lors de la 20e journée pour affronter le Nîmes Olympique en raison d’une blessure musculaire. Finalement, 5e de Ligue 1 en fin de saison, le binational franco-congolais encaisse 45 buts et réalise 8 cleansheet dont un dès la troisième journée sur la pelouse du Parc des Princes, le club phocéen s’imposant 1-0 face à son ennemi juré grâce notamment à 4 arrêts du dernier rempart et capitaine marseillais.

Côté coupes, pas grand chose à signaler pour Mandanda. Titulaire pour affronter le Paris SG en finale du Trophée des Champions au mois de janvier (défaite 2-1), il est sur le banc lors de l’entrée en lice des marseillais en coupe de France et absent de l’effectif lors de l’élimination peu glorieuse des phocéeens face à Canet en Roussillon.

Sur le vieux continent, la Ligue des Champions ne lui réussit toujours pas et il ne peut que constater les dégâts. En six matchs de poule, tandis que l’OM signe un triste record (celui du nombre de défaites consécutives), Mandanda fait ce qu’il peut mais face à Manchester City, futur finaliste de l’épreuve, l’Olympiakos le Pyrée et le FC Porto, il encaisse 13 buts et ne peut garder sa cage inviolée. Ne lui jetons cependant pas la pierre, quand la marche est collectivement trop haute, les déboires individuels sont inévitables.

UN NOUVEAU AUX DENTS LONGUES

Il commençait à taper à la porte de l’équipe de France depuis quelques temps, il a fini par l’enfoncer les deux poings en avant ! Champion de France avec le LOSC au nez et à la barbe du PSG, auteur de 21 cleansheet pour seulement 23 buts encaissés en 38 journées et meilleure défense du championnat, il n’a étrangement pas été élu meilleur gardien de Ligue 1. Pour de plus amples informations, merci de contacter l’UNFP.

En coupe de France, Maignan n’a guère eu le temps de s’illustrer. Titulaire face à Dijon pour un nouveau cleansheet, le natif de Cayenne (Guyane française) est laissé au repos lors du tour suivant avant de revenir sous les bois face au PSG en huitième de finale. Cette fois, le capitaine lillois ne peut rien face aux assauts parisiens. Malgré trois arrêts, il doit aller chercher le cuir trois fois dans les filets.

Reste la coupe d’Europe pour le portier de 25 ans. Du haut de son mètre 91, on attend de lui qu’il confirme en Ligue Europa. Au sein d’un groupe dans lequel on retrouve le Sparta Prague, le Celtic Glasgow et le Milan AC, Mike Maignan et les siens finissent derrière les italiens contre qui le français réalise un cleansheet à l’aller et permet à Lille d’obtenir le point du match nul à Milan. De là à y voir l’origine de son transfert récent dans le club italien, il n’y a qu’un pas ! Opposés à l’expérimentée Ajax d’Amsterdam en 16e de finale, Maignan et les siens craquent par deux fois dans les ultimes minutes du match aller alors qu’ils menaient au score. Le match retour, bien géré par les néerlandais, se termine sur le même score (2-1). Fin du parcours européen pour notre 3e gardien, mais pas fin du rêve lui qui suivra donc Lloris et Mandanda aux quatre coins de l’Europe cet été avant, qui sait, de prendre la place du portier marseillais dans la hiérarchie des portiers français en vue de la coupe du monde 2022.

PLACE AU JEU

C’est donc avec l’équipe de France que s’achève notre série de présentation des gardiens qui disputeront l’Euro à partir de demain. 72 gardiens de but qui défendront corps et âme les filets de leur nation durant l’été dans l’espoir, plus ou moins avoué, de soulever le trophée tant convoité. Le Covid-19 nous aura forcé à patienter pour vivre enfin ce grand tournoi que toute l’Europe du football attendait, mais enfin nous y voilà, l’Euro commence demain et, comme à chaque grande compétition, les gardiens de but auront leur mot à dire, leur rôle à jouer. Alors chers portiers, régalez-nous de vos arrêts et mains opposées, le jour de gloire est arrivé : “le temps est beau, le ciel est bleu, nous n’avons rien à faire, rien que d’être heureux.”


LA FICHE DU TITULAIRE

Hugo Lloris Gardien de but France Euro 2020 Euro 2021

HUGO LLORIS
Club:
  Tottenham (Premier League)

Âge : 34 ans
Né le :  26 décembre 1986, à Nice (France)
Taille : 1m88
Poids : 82 kilos 
Pied : gauche
Main : gauche 
Gants : Reusch 

Sélections : 125
1ère sélection : 19 novembre 2008 (France – Uruguay : 0-0) 


Photo : Imago


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