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2 June 2021


J-9 avant l’Euro. Un an que toute la planète football assiste à la grande-messe du football européen. 24 équipes, 72 gardiens, Main Opposée vous propose de découvrir jour après jour ceux qui défendront les couleurs et les filets de leurs pays lors de la compétition pour tenter de détrôner le Portugal de Rui Patricio, tenant du titre. Aujourd’hui, la République Tchèque.

Deuxième de son groupe derrière les Three Lions anglais mais devançant la Bulgarie, le Kosovo et le Monténégro à la faveur de 5 victoires pour 3 défaites, la République Tchèque s’est qualifiée directement pour le tournoi final de cet été. Placée dans le groupe D à la suite du tirage au sort, elle affrontera l’Angleterre pour une revanche après les deux victoires anglaises lors des qualifications, la Croatie, vice-championne du monde, et l’Ecosse, de retour dans un tournoi international après 23 ans d’absence.

Si le sélectioneur national a sollicité trois gardiens sur la route menant à l’Euro, seuls deux d’entre eux seront finalement du voyage. En effet, Jaroslav Šilhavý a dévoilé sa liste et confirmer les passeports de Tomas Vaclik, portier de Séville, et de Jiri Pavlenka, dernier rempart du Werder Brême, mais pas celui d’Ondrej Kolar, champion de République Tchèque dans les buts du Slavia Prague. A-t-il fait les frais de la défaite face à la Bulgarie lors des qualifications pour sa seule et unique sélection ? Seul le sélectionneur le sait.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est Ales Mandous qui en profite et se glisse dans le groupe du finaliste de l’Euro 1996 avec l’espoir (pas si) secret de faire aussi bien que leurs aînés Poborsky, Nedved et consorts, sans oublier Petr Kouba, gardien de l’époque et bourreau de l’équipe de France en demi-finale lors de la séance de tirs au but en détournant la tentative du nantais Reynald Pedros.

LA NATION AVANT TOUT

Régulièrement appelé dans le groupe tchèque depuis le mois de novembre 2012, Tomas Vaclik défendra les filets de la République Tchèque durant l’été. Numéro 2 du FC Séville derrière Yacine Bono, il a connu une saison pour le moins compliquée qui l’aura vu jouer plus de matchs avec son pays (7) qu’avec son club en championnat (5).

D’abord blessé en ouverture de la Liga, il s’installe sur le banc jusqu’à la 7e journée où il doit s’incliner sur la seule frappe cadrée des joueurs d’Eibar pour une défaite 1-0 du club andalou sur sa pelouse du stade Sanchez-Pizjuan. De nouveau assis sur la touche, il dispute deux nouvelles rencontres face au Celta Vigo et Huesca avec cette fois plus de réussite puisque le club sévillan s’impose par deux fois. Quant à Vaclik, il enchaîne cette fois 6 arrêts face aux 8 frappes qui lui sont opposés. On pense alors que le gardien tchèque monte en puissance, mais c’était sans compter sur une blessure aux genoux qui le condamne à regarder ses coéquipiers depuis les tribunes, voire son canapé, jusqu’à la 22e journée où il retrouve sa place, au chaud, sur le banc, place qu’il ne quitte plus qu’à deux reprises dans cette édition 2020-2021 de la Liga : face à Elche tout d’abord (défaite 2-1), puis lors de l’ultime rencontre face au Deportivo Alavès, participant ainsi à la victoire du FC Séville et s’offrant pour l’occasion son deuxième clean sheet de la saison. Bilan en championnat : 5 matchs, 9 buts encaissés, 2 clean sheet et 64,29% de tirs cadrés arrêtés/repoussés. Si le natif d’Ostrava n’a pu réellement s’exprimer en championnat, il a sûrement pu montrer ses qualités en Coupe du Roi me direz-vous. Et pourtant…

Gêné par ses problèmes de genoux, il est indisponible pour les trois premiers tours, puis laissé sur le banc lors des huitièmes et quarts de finale. Décidément, le portier tchèque aura peiné à mettre au repos le gardien titulaire Bono, qui jouera une nouvelle fois dans les buts sévillans lors de la demi-finale aller face au Barça remportée 2 buts à 0, ne laissant à Tomas Vaclik, devenu titulaire sur le banc toutes compétitions confondues, que peu d’espoir de pouvoir s’exprimer sur le pré.

Un proverbe tchèque rappelle que “la faim a de grands yeux” et il faut bien reconnaître qu’il sied à merveille au dernier rempart de 32 ans qui s’accroche et obtient enfin le droit de défendre ses filets lors de la demi-finale retour face aux hommes de Messi & compagnie, brassard de capitaine au bras qui plus est. Malheureusement pour lui, le Barça parvient à refaire son retard et l’emporte même au terme des prolongations (3-0). C’était la 6e et dernière apparition sous le maillot du FC Séville cette saison de Tomas Vaclik qui reste sur sa faim, mais pas de quoi refroidir les ardeurs du sélectionneur national qui le convoque comme si de rien n’était.

Ainsi, sur les onze rencontres disputées par la République Tchèque cette saison, Jaroslav Šilhavý fait appel à Vaclick à 10 reprises, le titularisant lors de 7 rencontres, soit une de plus que celles que lui ont offert le club andalous. Situation cocasse, mais dans l’époque que nous vivons où plus rien ne nous étonne vraiment, ça passe et Tomas Vaclik réalise de bonnes performances, permettant à son équipe de s’imposer à quatre reprises, pour un match nul et deux défaites toutes deux sur le score de 1-0 et toutes deux face à des nations britanniques : l’Ecosse contre qui les tchèques espèrent une revanche au 1er tour de l’Euro, et le Pays de Galles, lui aussi qualifié.

“JOIE ET TRISTESSE DORMENT DANS LE MÊME LIT”

Au poste de numéro 2, pas de surprise à priori puisque Jiri Pavlenka, 29 ans, sera également du voyage cet été, lui qui fut abonné au banc de touche durant les qualifications, si ce n’est le match face à l’Angleterre, soldé par une cinglante défaite 5 à 0 sur la pelouse de Wembley en fin d’année 2019. Depuis lors, sur 20 rencontres internationales, il en a disputé quatre sous les bois tchèques, dont trois matchs amicaux et un match de qualification pour le prochain mondial.

Arrivé l’été dernier à Brême en provenance du Slavia Prague, Pavlenka s’est imposé au poste de titulaire au Werder Brême. S’il y dispute l’intégralité des rencontres, il ne peut empêcher le club allemand de finir 17e et avant-dernier du championnat, synonyme de relégation pour les joueurs de Markus Anfang. S’ils avaient déjà sauvé leur peau in extremis l’an passé à la faveur d’un barrage victorieux, Pavlenka et les siens ne peuvent que subir les conséquences d’une affolante série de 9 défaites lors des 10 derniers matchs de championnat. Au final, le portier tchèque aura la lourde tâche d’aller chercher le ballon au fond de ses filets à 57 reprises durant la saison (soit 1,68 fois par match), ne parvenant à garder sa cage inviolée qu’à six reprises. Mais ne lui jetons pas non plus la pierre, car jusqu’à preuve du contraire, le football se joue à onze, tant en attaque qu’en défense, et si le portier d’un mètre 96 n’est peut-être pas exempt de tout reproche durant la saison, il ne peut-être tenu responsable de l’ensemble des maux du Werder.

Eclaircie dans la saison de Pavlenka, la coupe d’Allemagne. Alors oui, le parcours du Werder n’a pas été semé d’embuches et le tirage au sort leur a été favorable en ne leur opposant que des clubs de niveau inférieur, mais les voilà en demi-finale et ce à la faveur de quatre blanchissages du natif de Hlučín. Opposés au RB Leipzig dans le dernier carré, Jiri et les siens tiennent bon. 0-0 à la fin du temps réglementaire, direction les prolongations. Malheureusement, Leipzig ouvre le score après 3 minutes de jeu, mais le Werder se met à rêver à nouveau à l’exploit lorsque Bittencourt égalise pour le Werder à la 105e minute. La séance de tirs au but fatidique se laisse entrevoir pour désigner le finaliste de l’épreuve, mais Leipzig se donne des ailes et marque le but de la victoire dans les arrêts de jeu (120e+1). Cruel dénouement pour Pavlenka et les siens, mais une destinée au final semblable à leur parcours en championnat : une histoire qui commence bien et finit très mal. Malgré ces difficultés, “joie et tristesse dorment dans le même lit” comme le veut le proverbe tchèque, et Pavlenka, qui aura fait face et connaît le dicton, finit avec pour consolation un joli lot : un ticket pour l’Euro.

LE TOUR DE PASSE-PASSE DU SELECTIONNEUR

Vous espériez Ondrej Kolar pour compléter le trio de Jaroslav Šilhavý ? Raté, il a préféré offrir le 3e billet de ses portiers à Ales Mandous, gardien du Sigma Olomouc.
Si la lettre Sigma est la 18e lettre de l’alphabet grec, le club tchèque a lui fini 9e du championnat local, Mandous disputant 30 des 34 rencontres. S’il se fait porter pâle lors de la 6e journée face au Viktoria Plzen, il est également absent du groupe lors des 28e et 34e journées et prend place sur le banc lors de la 32e face à Opava. Bilan pour le portier de 29 ans : 34 buts encaissés, 10 clean sheet et… 2 passes décisives ! Rotation oblige, il est laissé au repos pour les deux premiers tours de coupe nationale. De retour dans les buts pour les huitièmes de finale, il réalise un nouveau blanchissage mais doit s’incliner par trois fois en quarts de finale face au Slavia Prague d’Ondrej Kolar, celui là même à qui il a finalement damé le pion pour participer cet été à l’Euro avec sa sélection.

 


LA FICHE DU TITULAIRE

Tomas Vaclik gardien de but République Tchèque

TOMAS VACLIK
Club:
  FC Séville (Liga)

Âge : 32 ans
Né le : 29 mars 1989, à Ostrava (Tchéquie)
Taille : 1m89
Poids : 82 kilos 
Pied : droit
Main : droite
Gants :
Nike

Sélections : 32
ère sélection : 14 novembre 2012 (République Tchèque – Monténégro : 2-0)


Photo : page Facebook de Tomas Vaclik


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