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13 May 2021


Conclusion de notre biographie consacrée à Lev Yachine. On espère que les trois épisodes précédents vous auront autant tenus en haleine qu’une série Netflix. Pour l’ultime partie, Main Opposée vous explique pourquoi Yachine est l’une des légendes de notre poste.

Épilogue : Le plus grand de l’Histoire

Aujourd’hui, Lev Yachine reste dans l’Histoire comme le seul gardien à avoir remporté le Ballon d’Or. Pour votre serviteur, écrire la biographie de Lev Yachine c’était quelque part réparer une certaine injustice. On a souvent entendu ou bien cité son nom, sans réellement connaître sa carrière et son rayonnement. Si le débat du GOAT (Greatest of All Time) fait rage au basket, cette question reste épineuse pour les portiers.

Manuel Neuer, Sepp Maier, Gianluigi Buffon ou encore Iker Casillas peuvent prétendre à cette récompense, mais Lev Yachine est le véritable plus grand gardien de l’Histoire. Pour étayer cet argumentaire, nous ne nous appuierons pas sur les avis unanimes de ses contemporains à son égard. Certes, il n’a pas remporté de Ligue des Champions ou de Mondial comme ses dignes successeurs. Intrinsèquement, d’autres gardiens ont peut-être plus de qualités mais après tout qu’est-ce qui fait qu’on reste dans l’Histoire ?

Si on ne peut comparer les époques, pourquoi des gardiens restent dans la légende de leur sport et d’autres non ? La réussite sportive est l’une des clés, mais il me semble judicieux de comprendre pourquoi de grands gardiens restent plus dans les mémoires que d’autres.

Yachine a été le premier gardien de but à capter l’attention et mettre ainsi en valeur notre poste. Avec sa tenue sombre et son style de jeu, il a éclairé notre poste, a donné ses lettres de noblesse à notre art. Oui, nous avons plus vu jouer Neuer, mais regarder quelques matchs de Yachine sur internet permet de comprendre l’aura qu’il avait sur le terrain.

En plus de ses qualités de vivacité et d’appuis, le rempart soviétique était très intelligent sur le terrain. Jamais dans la spéculation mais plutôt dans l’observation. Déjà à son époque on pouvait être spectaculaire et intelligent. Yachine a popularisé une vision moderne du poste encore d’actualité aujourd’hui. Il a été le premier maillon de la révolution de notre passion. Avec lui, le gardien n’était plus seulement le dernier défenseur mais il était lui aussi un joueur de champ. D’ailleurs ce n’est pas Main Opposée qui le dit, mais bien Yachine en personne :

“Attendre passivement sur cette ligne blanche est facile, réducteur et même parfois ridicule. Pourquoi priver l’équipe d’un joueur de champ supplémentaire quand cela est possible ? Surtout que notre position nous assure une vision privilégiée du match.”

À défaut d’avoir fait tomber le rideau de fer, Lev aura su détruire les barrières inhérentes au poste. Oui, le gardien de but pouvait jouer au pied sans la règle de la passe en retrait. Oui, le gardien de but mérite de remporter le Ballon d’or (Buffon 2006 et Neuer 2014 aiment votre message). Oui, le gardien peut être une star. Oui, le gardien de but fait lever les foules. Oui, le gardien de but à son propre style et n’est pas stéréotypé.

Lev Yashin, le grand monsieur du football soviétique(Source: Vice)

Yachine n’est pas le seul gardien de cette trempe, mais il en a été l’instigateur. Il a montré la voie à ses dignes successeurs. Le chemin a été plus facile à emprunter pour Casillas, Buffon, Schmeichel, Zoff même si leurs parcours respectifs ont été sinueux. Yachine a défriché la route de la reconnaissance pour les gardiens de buts. Yachine est le GOAT de notre poste, il est l’un des pionniers de notre idylle.

Dans notre confrérie, Lev Yachine est un patrimoine inestimable qui mérite d’être poli et souvenu. Nous, gardiens du Temple avons le devoir de se rappeler de lui, de le connaître et de narrer ses exploits. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

Alors, oui cher(e)s ami(e)s, nous devons préserver l’héritage laissé par Yachine. Continuons à enrichir notre réflexion sur le poste. Non le gardien de but n’est pas le « petit gros » de la cour de recréation. Si la devise du FC Barcelone est « Més que un club », les gardiens de but pourraient adopter la devise suivante : « Gardien de but, plus qu’un poste ». Être gardien, c’est une passion, une manière, un art de vivre. Yachine a été le premier à populariser ce phénomène. À l’échelle internationale, il a été le premier porte-étendard de notre confrérie.

Aux côtés des regrettés Ray Clemence, Christophe Revault et Bruno Martini, Lev continue de s’amuser au paradis des gardiens de but, enchaînant les mains opposées. Que ces grands portiers soient tranquilles, nous honorons leurs mémoires sur toutes les pelouses. Chaque arrêt, chaque sortie, chaque relance est un héritage laissés pas ces glorieux anciens. Rendons leur hommage sur les pelouses en montrant la richesse de notre poste bien aimé. Voilà ce qu’a ouvert Lev Yachine. Même si peu d’entre nous peuvent se targuer de l’avoir vu jouer un jour en direct, regarder des vidéos de ses performances et lire ses paroles font grandir tout gardien de but, alors du fond du cœur : Spassiba Lev !

 


Photo de couverture: TF1


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