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6 August 2017


Il est venu, il a vu et il a vaincu. Jérôme Alonzo, le Roi de la Manchette a connu une longue carrière. Professionnel du début des années 90 à sa dernière expérience en club, au FC Nantes, en 2010, le mentonnais de naissance a presque tout connu dans sa carrière. Des montées, une descente, des titres et surtout, les plus beaux stades de France. Ne manque à son palmarès qu’une sélection -au moins- en équipe de France.

Son style peu académique et son allure sympathique en ont fait un des visages incontournables du football français de ces dernières années. Portrait.

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Le Ray, le Vélodrome, Geoffroy-Guichard, le Parc des Princes et la Beaujoire. Oui Jérôme a joué à Nice, Marseille, Saint-Etienne, Paris et Nantes. Une carrière faite exclusivement en France, dans des clubs historiques. Pas étonnant qu’il exerce aujourd’hui sur France Télévision.

En cinq clubs et environ 300 matchs en pro, Alonzo a gagné la Ligue 2, deux fois, avec l’OGC Nice et l’ASSE mais aussi la Coupe de France et la Coupe de la Ligue avec le PSG. Au-delà des titres, des lignes à son palmarès, Jérôme Alonzo a gagné le respect des supporters et des jeunes gardiens qui ont pu l’observer.

Le parallèle avec Lionel Letizi

Deux fois dans leur carrière, Alonzo et Letizi se sont retrouvés en concurrence dans un club. Très jeunes à Nice, les deux portiers sont mis en concurrence. Concurrence qui profite à Letizi. Quelques années plus tard, alors que les deux gardiens ont la carrure d’un titulaire, ils sont de nouveau dans l’obligation de s’affronter pour gagner la place de numéro 1.

En quittant Nice, barré par Letizi, Alonzo se déplace un peu plus à l’ouest, à Marseille. L’OM a gagné la Ligue des Champions en 1993 et l’ancien niçois débarque dans la cité phocéen en 1995, alors que le club est en deuxième division. Fabien Barthez, pas encore surnommé le Divin Chauve parce qu’il est encore chevelu, vient de quitter le club et la direction marseillaise mise alors sur Alonzo. La saison du nouveau gardien en D2 est pleine et le club remonte. En guise de récompense pour sa saison remarquée, le board olympien décide de faire signer Andreas Köpke, auréolé d’un titre avec sa sélection nationale ; l’Euro 96.

Jérôme n’aura jamais sa chance et puisque ses dirigeants ne comptent plus sur lui, le gardien français né à Menton, migre jusqu’à Saint-Etienne, alors en D2, la saison suivante.

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Deux saisons pleines avec Saint-Etienne en D2, Alonzo semble avoir trouvé son rythme et un club qui lui fait enfin confiance. Puis patatras!  Une grosse blessure physique qui l’éloigne des terrains pendant de longs mois. Il en subira une autre, mentale cette fois-ci, dans le dernier club de sa carrière, le FC Nantes. Il s’en était expliqué dans l’Équipe juste après avoir raccroché les gants: “Je ne finis pas ma carrière richissime, mais je m’en fous. Elle aura surtout été riche en émotions. J’aurai eu la chance de jouer avec Ronaldinho, Pauleta, Heinze, Déhu, Okocha… De Nantes, il me restera une vraie blessure, parce que je n’y ai connu que des malheurs, du premier au dernier jour. Mais je ne suis pas amer. J’arrête heureux.

Souvent doublure dans carrière, Jérôme avait évoqué ce statut un peu particulier dans SoFoot: “J’ai la chance de toujours avoir eu une relation fusionnelle avec mes coéquipiers si je puis dire. Il y a eu Lionel Letizi à Nice, Köpke à l’OM qui m’avait pris sous son aile, Jérémie Janot à Sainté avec qui j’étais vraiment très ami puis Lionel de nouveau, au PSG. On partage mieux quand on est pote.

Après l’ASSE, il monte à la capitale, comme tous les jeunes qui rêvent de réussir leur vie. Il portera les couleurs parisiennes de 2001 à 2008 avec des fortunes diverses. Il y côtoie Luis Fernandez, coach Vahid, Laurent Fournier, Guy Lacombe et Paul (“NAAAAN“) Le Guen comme divers entraineurs. Et sera, à tour de rôle, considéré comme numéro 1 et numéro 2.

Il raccroche les gants en 2010 après son passage à Nantes. Après cette expérience ratée, deux possibilités s’offrent à lui. Signer à l’AS Monaco ou rejoindre le groupe Orange pour devenir consultant. Il accepte finalement la proposition d’Orange après que celle du club monégasque ne tombe à l’eau.

Paris Saint-Germain's Portugese forward Pedro Pauleta and goalkeeper Jerome Alonzo celebrate at the end of their French L1 football match FC Sochaux vs Paris SG on May 17, 2008 at the Auguste Bonal Stadium in Montbeliard, eastern France. Paris Saint-Germain defeated Sochaux 2-1. AFP PHOTO SEBASTIEN (Photo credit should read SEBASTIEN BOZON/AFP/Getty Images)

En se confiant à SoFoot, Alonzo a évoqué son rituel d’embrassade du poteau et sa relation avec les gardiens qui pouvaient être devant lui dans la hiérarchie. Il déclare : “À Marseille, j’ai été époustouflé par la classe d’Andreas Köpke. Il est arrivé et a pris ma place mais il a compris que c’était dur pour moi, que c’était le premier vrai frein dans ma carrière donc il m’a pas mal aidé. Il m’invitait souvent chez lui le soir et Köpke, c’était le meilleur gardien du monde hein.

Franc et drôle, Jérôme Alonzo racontait une anecdote pendant un entraînement pendant son passage au PSG. Éverton Santos, flop parmi les flops du recrutement brésilien à Paris n’a joué que trois matchs sous les couleurs du club de la capitale. Lui qui se comparait à Robinho, a rapidement été surnommé “Jean-Claude Robignaud” dans le vestiaire. Alonzo raconte que pendant un tennis-ballon, il constate que le pied gauche de Santos est son pied faible. Alors le gardien parisien qui joue contre lui, n’a de cesse de lui envoyer le ballon sur ce pied-là afin de gagner le mini jeu. Après l’avoir remporté, Jérôme, un peu honteux, demande à Marcos Ceará de l’excuser auprès de son compatriote pour cette tactique “un peu abusée“. Ce à quoi Ceará lui répond qu’Everton Santos est gaucher…

Joueur, Jérôme Alonzo était un joueur de coups, de coups d’éclat. Des coups d’éclat comme ce jour de 2002 où le PSG reçoit l’OM pour un match de Coupe de France. Le gardien parisien sort une partie géniale avec un pénatly détourné pendant le match et trois tirs au buts bloqués pendant la séance d’après prolongations.

 

Après tout, la carrière d’Alonzo aura été à son image. Un style fantasque, de l’humilité, des coups de génie et surtout, des manchettes à tour de bras.

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