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15 June 2020


Sa formation au Havre, la 3ème place avec le Téfécé, son apogée au Stade Rennais, son rôle de doublure au PSG, ses différents entraîneurs de gardiens… Le natif de la région parisienne revient sur l’ensemble de ses deux belles décennies passées dans les buts de Ligue 1 et Ligue 2. Entretien biographique.

Ses débuts et sa formation : “De ma chambre du centre de formation, je voyais les spécifiques de Christophe Revault”

 

Main Opposée : Bonjour Nicolas, comment as-tu commencé à jouer gardien de but ?

Nicolas Douchez : J’ai un grand frère 3 ans plus vieux que moi. Il jouait au foot et il avait besoin d’un gardien pour s’entraîner. Ensuite j’ai été marqué par la performance de Joël Bats lors de la séance des tirs aux buts face au Brésil en 86. J’avais 6 ans et après cela, j’ai vraiment voulu devenir gardien.

MO : Jamais d’expérience comme joueur ?

ND : Non car j’adorais plonger et me traîner dans la boue. Même jouer sur stabilisé ne me dérangeait pas. En grandissant, c’est la sensation d’être un joueur à part dans l’équipe qui est devenue attirante. J’aimais sentir la responsabilité d’être le dernier rempart et de sauver son équipe face aux attaquants adverses.

MO : Tu as commencé à Aulnay-Sous-Bois, puis au Paris FC. Pourquoi avoir choisi le Havre comme centre de formation ?

ND : J’avais le choix entre le PSG et le Havre. Cependant, le recruteur du Havre a été plus convaincant. Il m’a expliqué que j’avais plus de chances de passer pro au Havre qu’au PSG. Finalement il ne s’est pas trompé… Cela m’a aussi fait du bien de sortir de la région parisienne pour me concentrer sur ma carrière.

MO : C’est un centre très réputé d’où sont sortis d’autres grands gardiens comme Mandanda, Kaméni, Revault… Pourquoi le Havre sort-il autant de bons gardiens de but ?

ND : Je ne pense pas que ce soit spécifique aux gardiens. Il faut comprendre qu’à l’époque Le Havre, c’était le top au niveau des centres de formation. De plus, ils avaient pour politique de s’appuyer sur les jeunes. Steve, Carlos, Christophe… ils ont tous joué en équipe première. Moi de ma chambre du centre de formation, je voyais les spécifiques de Christophe Revault. C’était super inspirant pour moi.

Finale De Coupe De France
Aux côtés de Patricio D’amico et serrant la main de Claude Simonet en finale de coupe de France 2004 face au PSG de Pauleta – source : ONLYSPORTALL

MO : Tu apprends derrière l’excellent Alexander Vencel au Havre avant de partir un an en Ligue 2 à Châteauroux, puis tu arrives enfin à Toulouse en tant que numéro 2 de Revault. Comment se positionne-t-on en tant que jeune numéro 2 ?

ND : Ça a été une période délicate. Je signe pro à 18 ans mais je ne deviens numéro 1 dans un club de Ligue 1 qu’à 26 ans… La clé c’est de continuer à progresser. Il faut accepter la concurrence et les hauts et les bas de la situation. Mon expérience à Châteauroux a été un moment décisif dans ma carrière.

MO : C’est un super souvenir avec une finale de Coupe De France face au PSG à la clé…

ND : Oui, même si partir du Havre après 7 ans a été difficile. Les résultats du début de saison sont moyens et Victor Zvunka décide de me faire confiance devant Rodolphe Roche. On finit 11ème, mais l’expérience de la Coupe De France a été exceptionnelle. Même si c’est Rodolphe qui fait les matchs décisifs, pour le club, pour la ville, c’était exceptionnel de faire partie de cette aventure.

Sa progression à Toulouse : “Passer de 6ème à 3ème à la dernière journée, j’en ai encore des frissons.”

 

MO : Quand tu arrives à Toulouse quel a été le déclic pour être instauré numéro 1 ?

ND : Mon arrivée à Toulouse est un beau clin d’œil du destin car je suis d’abord la doublure de Christophe Revault. Il se blesse au genou et je finis la saison 2005-2006 dans les buts.

MO : Pourtant à l’époque il y avait la rumeur du retour de Fabien Barthez au TFC, son club formateur…

ND : La seule certitude que j’avais c’était de ne rien lâcher après en avoir bavé pour cette place de numéro 1. Des discussions avaient lieu avec le président, mais toute mon énergie était focalisée sur mon jeu. Elie Baup a été très important en me mettant en confiance dès le début de saison.

A l'entrainement avec Benoît Benvegnu lors de la saison 2006-2007 - Source : tfc31douchez
A l’entrainement avec Benoît Benvegnu lors de la saison 2006-2007 – source : tfc31douchez

MO : Comment a-t-il fait ?

ND : Il savait me parler et a compris ma personnalité. On évolue tous avec l’âge, mais à cette époque j’étais encore un peu foufou. Je m’énervais facilement alors que lui me calmait. Pour cela j’aime bien prendre l’exemple de Federer qui ne montre plus ses émotions sur le court. Côté gardiens, c’est Gregory Coupet qui m’impressionnait par sa capacité à garder le “smile” en toute situation.

MO : Tu évoques Elie Baup, ancien gardien lui-même, mais ton entraîneur des gardiens était Alain Casanova. Que t’a-t-il apporté ?

ND :  Il a eu beaucoup d’impact. Il a fait sortir des émotions en moi, chose dont je n’étais pas capable quand je jouais. En particulier, il m’a demandé de mettre de l’agressivité dans mon jeu. Cela m’a beaucoup aidé dans mes sorties, je n’avais plus peur des jambes de l’attaquant. C’est tout un travail mental.

Sortie dans les pieds sous le maillot rennais dans les pieds de son futur coéquipier et ami, Sylvain Armand
Sortie sous le maillot rennais dans les pieds de son futur coéquipier et ami, Sylvain Armand – source : Allpaname.fr

MO : Dans ces années toulousaines, il y a ce printemps 2007 qui est magique. Vous êtes 10ème à la trêve mais vous finissez par gagner votre 3ème à la dernière journée en battant Bordeaux 3-1. Que s’est-il passé dans l’équipe ?

ND : On était une équipe jeune entourée de cadres avec une superbe ambiance. Le coach avait instauré une concurrence saine. Début 2007 on commence à prendre des points quand on ne devait pas vraiment en prendre, on évite les coups durs… il y a une euphorie qui porte le groupe. C’est à l’image du dernier match au Stadium où on passe devant Rennes sur le fil. Le Stadium n’avait jamais été aussi plein et on gagne le derby 3-1 sous des trompes d’eau. C’était surréaliste.

Accolade avec son pote Bryan Bergougnoux célébrant la victoire 3-1 face à Bordeaux - Source : Toulousefc.com
Accolade avec son pote Bryan Bergougnoux célébrant la victoire 3-1 face à Bordeaux – source : Toulousefc.com

MO : Ce dernier match face à Bordeaux avait pourtant mal commencé pour toi avec une grosse erreur sur un coup franc de Wendel…

ND : C’est clair… Je ne fais aucune grosse erreur de la saison et je me troue lors du match le plus important. Mais c’est dans ce moment que le coach a été fort. Quand Elmander marque son premier but (il marquera un triplé dans le match, ndlr), Elie Baup me regarde tout de suite en me disant “ça y est, c’est réparé, remets-toi dedans”.

MO : Et la suite, c’est un rêve ?

ND : Ensuite c’est juste incroyable. Vers la fin du match, j’entends le stade qui exulte mais je ne comprends pas. Je ne connais pas le score à Lille (Lille rejoint au score Rennes à la 93ème minute avec but de Fauvergue, faisant passer Toulouse 3e, ndlr). Ce n’est qu’à la fin où tout explose et on se jette dessus. Passer de 6ème à 3ème à la dernière journée, j’en ai encore des frissons. C’était vraiment une communion entre le staff et les spectateurs.

MO : En guise de récompense il y a cette double confrontation face au grand Liverpool. Cela reste l’une de tes émotions les plus fortes ?

ND : Le match aller est sympa car le stade est plein. En revanche, le match retour à Anfield, j’en garde un souvenir bizarre car j’étais blessé avant la rencontre. Je n’ai pas pu vraiment profiter du moment. Ça reste un petit regret. 

Son apogée à Rennes et l’équipe de France : “Il y avait une génération exceptionnelle de gardiens français en 2010”

 

MO : A l’été 2008 tu poses tes valises à Rennes. Quelles sont tes ambitions à ton arrivée ?

ND : Le projet, c’est de passer un palier supplémentaire. C’est le premier club qui paye pour m’avoir, c’est mon premier transfert. Par conséquent, il faut que je sois à la hauteur et que je confirme après mes années toulousaines.

MO : Pour preuve, lors de ces années, vous étiez l’équipe des grands matchs…

ND : C’est vrai qu’on tapait régulièrement Paris et Lyon… Lors de la première saison je me suis vraiment éclaté. Avec Andrea Mitrano, mon entraîneur des gardiens, il y avait une osmose entre lui et moi.

MO : Tu es sélectionné comme 4ème gardien avec l’équipe de France, et même 2ème gardien lors du match de suspension des 23 de Knysna. À l’époque, tu avais dit que tu étais “déjà heureux d’être présélectionné”. Penses-tu que tu aurais pu aller encore plus haut à ce moment-là ?

ND : L’idée c’était d’y aller étape par étape. En étant présélectionné puis sélectionné, je me rapprochais. Je confirme que d’avoir été en Equipe de France, d’être dans le groupe, c’est déjà une expérience exceptionnelle. Forcément j’aurais aimé faire plus, je suis compétiteur. Néanmoins, c’est important de respecter ceux qui étaient là à l’époque. Hugo (Lloris) et Steve (Mandanda) on savait qu’ils étaient à un niveau au-dessus, même jeunes. Dans cette période, ça s’est joué surtout avec Cédric (Carrasso) qui a eu les préférences du sélectionneur et je respecte totalement ce choix. Il y avait une génération exceptionnelle de gardiens français à ce moment-là.

Le 11 Août 2010 appelé comme 2ème gardiens pour le match amical face à la Norvège sans les mutins de Knysna. - source : Sport.Gentside.com
Le 11 Août 2010, appelé comme 2ème gardiens pour le match amical face à la Norvège, sans les mutins de Knysna. – source : Sport.Gentside.com

MO : En parlant de génération, pour toi c’est quoi la différence entre un gardien au top en 2020 et un autre au top au début des années 2010 ?

ND : Le poste est en train d’évoluer au niveau du rôle. D’abord, notre génération a été la première à vraiment être formée pour jouer comme des libéros, à sortir de notre surface. Maintenant, on demande de jouer constamment au pied, c’est encore un palier supplémentaire. Ensuite, le poste évolue constamment au niveau de la technique. Moi j’ai toujours tenté d’être à la page avec les nouvelles techniques comme la sortie en croix. Mes entraîneurs me l’ont fait travailler mais je n’y arrivais pas… Enfin il y a la taille. Je fais 1m86, ce qui était bien à l’époque. Maintenant, les jeunes font systématiquement plus d’1m90. De mon côté, j’ai compensé par de l’anticipation et la lecture du jeu.

MO : C’est vraiment difficile de changer ?

ND : Oui, je te donne un exemple. À la fin de ma première année à Rennes, le staff change et Christophe Revel arrive comme entraîneur des gardiens. Il me propose de modifier mes appuis et de changer mes angles d’attaque de ballons. On a mis entre 6 mois et 1 an pour que je l’assimile totalement. C’est comme quand un golfeur change de swing ou un basketteur de shoot. On a pris des risques car j’ai été moins performant cette année-là (2009-2010) mais cela m’a servi pour la suite. La preuve : en 2010-2011, on finit meilleure défense avec Rennes. Le crédit revient à toute l’équipe, mais je me dis que j’ai ma part de responsabilité (rires). J’en suis fier.

Le jeu aux pieds a toujours eu une grande importance dans son jeu - source : sport.gentside.com
Le jeu aux pieds a toujours eu une grande importance dans son jeu – source : sport.gentside.com

MO : À la fin de cette belle saison, tu décides d’aller à Paris.

ND : Avec le recul, ça a été l’une des décisions les plus difficiles à prendre car je me sentais vraiment bien à Rennes. Néanmoins, j’avais toujours rêvé de jouer à Paris. Faut laisser parler son cœur parfois. De plus, dans un coin de ma tête, je savais qu’en allant à Paris, j’aurais plus de chance pour l’équipe de France et pour l’Euro avec l’impact médiatique du club. Je me sentais assez mature pour endurer cette pression.

Le début de l’ère qatari au PSG : “Gagner le titre presque 20 ans après, c’est un rêve qui se réalisait.”

 

MO : Tu as dit qu’en arrivant à Paris, tu avais “découvert le très haut niveau”. Qu’est-ce que cela veut dire ?

ND : D’abord, c’était la première fois que je visais le titre de champion avec un club et des objectifs sérieux en Coupe d’Europe. Au PSG, il y a une médiatisation décuplée, je découvre vraiment un autre monde. Ensuite Carlo Ancelotti a joué un rôle déterminant dans le développement du projet. Il a changé la mentalité du club. Il a orienté tous les petits détails pour que les joueurs ne soient concentrés que sur leur performance. Le crédo c’était : ton club est garant de ta performance.

MO : Tu as des exemples ?

ND : Globalement Carlo a fait tout pour que l’on reste le plus longtemps possible au centre d’entrainement. Contrairement à d’autres clubs où je m’entraînais et je repartais dans la foulée, à Paris je faisais une journée de 9h à 16h. J’avais un petit déjeuner, la séance, ma musculation, mes soins et le repas au club. On faisait tout cela en prenant notre temps. Par exemple, il a fait améliorer la nourriture au Camp des Loges. Il a demandé aux intendants que toutes nos affaires soient prêtes dès l’arrivée au Centre le matin. Il a veillé à ce que nos familles aient toujours des billets pour les matchs… Cela peut paraître des caprices mais cela nous a enlevé toutes les pollutions mentales que l’on pouvait avoir autour de nous, pour nous orienter vers la performance.

Avec son ami David Beckham, passé 6 mois sous les couleurs parisiennes en 2013 – source : gala.fr

MO : Quel a été l’impact de la présence des stars comme Beckham, Thiago Silva ou Zlatan ?

ND : Quand tu joues avec des joueurs comme cela, il y a une sorte d’émulation. Tu les regardes s’entraîner en mesurant l’intensité supérieure qu’ils mettent dans chacun de leurs gestes. À chaque entrainement tu sens une concentration et un investissement supérieur au tien. Alors tu te regardes et tu te demandes : « Mais si des joueurs comme eux font du travail supplémentaire, qui suis-je pour ne pas faire pareil ? ». Donc tu commences toi aussi à être plus concentré et à rester après l’entrainement pour travailler. On dit souvent que les joueurs français sont transformés en allant à l’étranger car il découvre une intensité et un professionnalisme supplémentaire. Moi j’ai de la chance, je l’ai réalisé en restant en France.

MO : On se souvient de Zlatan qui avait eu des mots très durs à l’encontre de certains coéquipiers. À l’époque, c’est toi qui avait discuté avec lui pour qu’il se calme. Comment réussit-on à avoir cette discussion avec un monstre comme Zlatan ?

ND : Il faut savoir avant tout que Zlatan et moi nous étions voisins de vestiaire. Nous avons beaucoup échangé lors de nos années parisiennes. Personnellement j’adorais son côté franc, au moins on savait ce qu’il pensait. Certes il avait ses colères car c’est un joueur hors norme et il est exigeant, mais dans un vestiaire il est plutôt facile à vivre, c’est un bon gars. Pour la discussion, je n’aime pas trop en parler. Elle a fait beaucoup parler alors que seuls lui et moi savons ce qui s’est dit. Pour moi c’est un détail et pour répondre à ta question, cela a été facile d’échanger avec lui sur ce sujet car on avait l’habitude de se parler.

MO : A côté de ces internationaux, il y avait une belle brochette de français (Armand, Jallet, Sakho…), on se souvient votre image au centre du stade de Gerland profitant du moment à la suite du premier titre.  Y avait-il l’équipe des français et celle des internationaux ?

ND : Non, il n’y avait pas de conflit entre les 2 groupes. C’est seulement qu’avec Jallet, Armand, Gameiro… on se voyait beaucoup à l’extérieur de l’entrainement. On mangeait chez les uns et les autres. Pour la célébration on est d’abord tous rentrer fêter dans le vestiaire mais nous, nous sommes ressortis ensuite sur la pelouse avec une bouteille de champagne.

Les joueurs célébrant leur premier titre de champion dans les vestiaires de Gerland - source : Teampastorepsg
Les joueurs du PSG célébrant en Mai 2013 leur premier titre de champion depuis 19 ans dans les vestiaires de Gerland après une victoire 1-0 aux dépens de Lyon – source : Teampastorepsg

MO : C’est ton plus beau souvenir le titre de 2013 ?

ND : C’était un moment fantastique car c’était mon premier championnat. En plus il est gagné à Lyon, club qui m’avait dominé en championnat lors des années 2000. J’étais dans le stade en 94 quand le PSG avait gagné son dernier titre. Donc en tant que supporter, gagner le titre presque 20 ans après, c’est un rêve qui se réalisait ! C’était une émotion très forte.

MO : À Paris tu gagnes des titres, mais tu es très vite devenu numéro 2 après l’arrivée de Sirigu alors que tu venais tout juste d’arriver au club. Comment digère-t-on cela sans faire de vague ?

ND : Cela a été difficile à encaisser car lors de la première saison je n’ai pas pu défendre ma place. Je me blesse dès le début de saison. Je n’ai pas fait de vague car j’ai toujours été un homme d’équipe. De plus, je savais que je participais à quelque chose d’extraordinaire. J’ai donc réfléchi à l’été 2013 pour rester ou partir. Je suis resté car je me suis dit que je préférais faire 10-15 matchs dans cette équipe extraordinaire que 40 dans une autre.

 

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Avec le PSG il remporte 4 championnats, 2 coupes de France, 3 coupes de la Ligue, et 3 trophées des champions pour un total de 43 matchs joués. – source : HistoireduPSG.fr

MO : Comment se fait-on sa place dans un vestiaire comme celui-ci en étant numéro 2 ?

ND : Même si l’ambition restait de jouer, je me sentais important dans l’équipe. J’étais vraiment heureux. Ensuite je suis quelqu’un qui a du caractère. C’est dans ma personnalité de manifester quand je suis content ou non. Il était hors de question de me mettre dans un coin et d’être passif.

MO : Lors de ces années tu as travaillé avec Nicolas Dehon. Quelles sont ses méthodes ?

ND : Il est beaucoup dans l’échange et l’écoute. Il savait comment me motiver et nous donner du plaisir à l’entraînement. Que tu sois N°1, 2, 3, 4… il va te considérer de la même façon.

MO : Lors de ta dernière saison tu es numéro 3. Même lors de celle-ci tu es resté motivé ?

ND : J’ai été un dommage collatéral d’un concours de circonstances. Kévin Trapp est arrivé et le PSG n’a pas réussi à vendre Salva (Sirigu), du coup j’ai perdu ma place de doublure… Donc je n’ai pas pris ça pour un manque de respect. Mais c’est là que Nico Dehon a été hyper important. Il a su me garder dans le projet. De plus, le staff de Laurent Blanc a aussi été très respectueux. Un jour en coupe, Salva se blesse à l’échauffement. Plutôt que de faire jouer Trapp, Blanc me fait jouer pour me récompenser. Ça m’a touché. Donc je ne suis pas parti avec de l’aigreur. Si j’avais pu, j’aurais fait une année supplémentaire mais j’avais envie de jouer.

A l'entrainement avec Kévin Trapp en 2015 - Source :
A l’entrainement avec Kévin Trapp en 2015 – source : Culturepsg.com

Lens, le Red Star et sa fin de carrière : “Je suis content d’avoir arrêté en forme, sur le terrain.”

 

MO : À la suite de cette expérience, tu fais partie du projet lensois où tu es élu meilleur gardien de Ligue 2…

ND : Oui la récompense m’a fait vraiment plaisir. Elle récompense une belle année avec mon entraîneur des gardiens et une reconnaissance de mon travail. Cependant la saison a été compliquée.

MO : Pourquoi a-t-elle été compliquée ?

ND : Même si les gens étaient adorables avec moi lors de mes années lensoises, j’ai toujours senti une exigence liée à mon expérience au PSG. C’était presque normal pour les gens que je fasse de bons matchs. En revanche j’étais assez vite critiqué quand j’étais juste un peu moins bon. C’était bizarre, ça reste une expérience mitigée pour moi.

Lors de sa 1ère année au RC Lens, capitaine face à Brest - Source : Sports.fr
Lors de sa 1ère année au RC Lens, capitaine face à Brest – source : Sports.fr

MO : Avant de raccrocher les crampons, tu fais une dernière pige au Red Star avec Clément Chantôme, c’était comment ?

ND : Ça a été triste sportivement. En plus, on ne pouvait pas jouer à Bauer…(Le stade Bauer, antre historique du Red Star, n’est pas conforme pour jouer en Ligue 2, ndrl).  À l’inverse, cela a été un régal humainement : retrouver Clément, rejouer en région parisienne où j’ai commencé… En plus j’ai eu la chance d’avoir un super groupe de gardiens avec un entraîneur génial : Faouzi Amzal. Je prenais vraiment plaisir à m’entraîner et je suis content d’avoir arrêté en forme, sur le terrain.

MO : Comment sait-on que c’est le moment d’arrêter ?

ND : Quand tu sens que tu ne peux plus faire avancer les choses comme tu souhaiterais. J’adorais m’entraîner mais je sentais que je n’étais plus aussi motivé à jouer. De plus, en tant qu’ancien, j’essayais de faire passer des messages, de transmettre l’exigence du haut niveau. Cependant le discours ne passait pas à ce niveau, peut-être aussi un choc générationnel. Pour toutes ses raisons, j’ai senti que c’était le moment de stopper.

MO : Et maintenant tu aspires à quoi ? À quoi ressemble ta vie ?

ND : Cette année j’ai énormément profité à la maison avec ma famille. J’en avais besoin. J’ai aussi un projet personnel qui n’a rien à voir avec le foot. Néanmoins, je sens que j’ai envie de transmettre aux jeunes et surtout aux gardiens. Je réfléchis aux médias, à passer mes diplômes d’entraîneur… Je dois encore mûrir ce projet mais j’y pense.

MO : Un dernier mot pour les lecteurs de MO ?

ND : Vivez votre passion à fond. Persévérer peu importe les conditions. C’est valable dans tous les domaines de la vie.

Les Pénos de MO 

Les pénos de MO

MO : Ton plus bel arrêt ?

ND : À Rennes en 2009 face à Néné dans les arrêts de jeu. Cela ponctuait un match plein où j’avais eu beaucoup d’interventions à réaliser.

MO : Ton point faible ?

ND : Les sorties dans les pieds, je n’étais pas assez tranchant par moment.

MO : Ton meilleur souvenir sur un terrain ?

ND : La qualification en Ligue des Champions à la dernière journée avec Toulouse. Exceptionnelle !

MO : Ton pire souvenir sur un terrain ?

ND : La défaite en finale de Coupe de France face à Guingamp. On ne doit jamais la perdre…

MO : Ton gardien préféré ?

ND : Pascal Olmeta. J’adorais son côté fou. Je l’ai rencontré quelques années plus tard, j’étais assez ému.

 

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