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11 September 2017


Samedi après-midi, Etihad Stadium de Manchester. On joue la 36e minute du match entre Manchester City et Liverpool lorsque Sadio Mané, lancé dans la profondeur, heurte de plein fouet Ederson sorti à sa rencontre au-delà de ses 16m50. Le gardien brésilien, touché au visage par le pied de l’attaquant des Reds, expulsé pour ce geste non maîtrisé, reste plusieurs minutes au sol avant d’être remplacé par Claudio Bravo.

Dimanche après-midi, Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne. On joue la 47e minute du match entre Les Verts et Angers lorsque Vincent Pajot, trop court pour couper la trajectoire du ballon au premier poteau, heurte violemment Letellier, le portier du SCO. Le joueur stéphanois, déjà averti, est expulsé par l’arbitre de la rencontre tandis que Letellier reprend tant bien que mal sa place dans les cages angevines.

Le visage tuméfié d'Ederson (Man. City) après le choc subi face à S. Mané (Liverpool) ce week-end.
Le visage tuméfié d’Ederson (Man. City) après le choc subi face à S. Mané (Liverpool) ce week-end.

Si les deux gardiens ont pu s’en tirer sans trop de casse – Benjamin Mendy s’est voulu rassurant sur l’état de santé de son coéquipier brésilien – la protection des portiers devient un vrai sujet pour l’avenir du Football. Qui ne se souvient pas du terrible choc qui brisa le crâne de Petr Cech lors d’une sortie périlleuse dans les pieds de l’attaquant irlandais de Reading Stephen Hunt en octobre 2006 ? Qui ne se rappelle pas du genou de Lukaku heurtant le visage d’Hugo Lloris en novembre 2013 lors d’un match entre Tottenham et Everton ? Du kung-fu de Zlatan sur Stéphane Ruffier ?

Ces chocs, d’une extrême violence souvent aussi maladroite qu’involontaire, mettent en péril la santé voire la vie du portier mais malgré la répétition des faits, rien ne semble évoluer en faveur d’une meilleure protection des gardiens. Alors oui, bien sûr, cela fait partie des fameux risques du métier et les joueurs fautifs sont le plus souvent expulsés et suspendus. Bien sûr, le gardien est préparé à ces éventualités, il s’y entraîne depuis l’enfance. Il sait qu’il sera bousculé dans les airs, chahuté, piétiné dans les sorties, mais même s’il sait qu’être gardien c’est mettre les mains là où personne ne mettrait le pied, nul n’est jamais préparé à un choc frontal avec un attaquant lancé à pleine vitesse dans le dos d’une défense.

 

La question de la folie du gardien devient alors légitime, mais n’en déplaise à la vox populi, le gardien n’est pas sans peur, et le terme kamikaze serait bien plus adapté à l’heure de qualifier nos portiers face au danger que représente leur sacerdoce. En effet, c’est en pleine conscience que les japonais pilotaient leur avion sans retour. Ils savaient qu’ils seraient amenés à se sacrifier pour le bien supérieur de l’empire et en avaient accepté la charge. Il en va de même pour le gardien, conscient des risques encourus lorsqu’il pénètre sur le terrain, mais prêt à se sacrifier pour le bien supérieur de l’équipe. Bien que n’effaçant pas la peur, cette acceptation permet alors au portier de maîtriser ses émotions car à chaque intervention et pour une fraction de seconde, il doit s’exposer pour espérer s’imposer.

Le danger est inhérent au poste de gardien et bien malin celui qui peut prétendre ne jamais avoir eu du mal à se relever après un choc aussi violent que déterminant avec un attaquant. Comme Cech, Lloris, Ruffier et bien d’autres avant eux, Ederson et Letellier ont ce week-end sacrifié leurs corps pour conserver le score, mais peut-être est-ce à nous gardiens, et ce sera le MO de la fin, de sensibiliser nos joueurs aux risques qui nous guettent pour protéger nos frères d’armes, et garantir ainsi l’avenir de notre grande confrérie.

 

photo de couverture: John Powell / Liverpool FC via Getty Images

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