Deux semaines après avoir éliminé Bruges en barrages, l’Atletico de Madrid recevait Tottenham ce mardi à l’occasion des huitièmes de finale de la Ligue des champions.
Qualifiés pour la finale de la Coupe du Roi et vainqueurs à cinq reprises lors de leurs six derniers matchs, les madrilènes sont sur une dynamique positive au contraire du club londonien, qualifié directement à la faveur d’une quatrième place lors de la première phase, mais battu lors de ses cinq derniers matchs toutes compétitions confondues.
Pour ce match aller, énorme surprise dans les buts. Alors que Simeone alignait son capitaine Jan Oblak comme à l’accoutumée, Igor Tudor titularisait Antonin Kinsky, jeune portier de 22 ans n’ayant disputé que deux rencontres en EFL cette saison, la dernière datant… du 29 octobre 2025 !! Un pari qui semblait fou et déraisonnable, d’autant plus que Vicario, gardien confirmé et habituel titulaire, était apte et sur le banc de touche au coup d’envoi.
À l’issue des 90 minutes, l’Atletico de Madrid s’est facilement imposé 5 buts à 2 grâce notamment à 3 buts inscrits dans le premier quart d’heure sur trois erreurs individuelles dont deux du jeune Kinsky, remplacé dans la foulée par son entraîneur, qui n’aura même pas eu un regard pour son portier au moment de sa sortie. Un début de match cauchemardesque qui n’a en réalité qu’un seul responsable : Igor Tudor. Analyse.
Décisif : 1 fois / Responsable : 1 fois
10e min. : Frappe de Tel des 20m plein axe, sans aucun danger pour Oblak.
26e min. : BUT POUR TOTTENHAM (4-1). Suite à un centre de Richarlison dans le dos de la défense, Porro récupère le ballon à 12m, élimine Ruggeri et ajuste Oblak, impuissant.
29e min. : Tête de Richarlison des 8m, sans aucune difficulté pour Oblak.
53e min. : Belle horizontale du gardien slovène sur un nouveau coup de tête de Richarlison, à 7m. Un arrêt décisif qui est à l’origine du 5eme but.
76e min. : BUT POUR TOTTENHAM (5-2). Oblak relance dans les pieds de Porro qui transmet le ballon à Solanke qui crucifie Oblak des 12m. Responsable.
Décisif : 0 fois / Responsable : 0 fois
1ère min : Pas de communication avec son défenseur, Oblak ne peut s’emparer du ballon.
Jan Oblak n’a eu que peu de sollicitations, mais sa mauvaise relance coûte un but à son équipe. Trois buts d’avance avant le match retour, c’est bien, quatre buts d’avance, cela aurait été encore mieux.
Décisif : 0 fois / Responsable : 2 fois
6e min. : BUT POUR L’ATLETICO DE MADRID (1-0). Suite à une mauvaise relance de Kinsky, Llorente ouvre son pied droit à 14m et trouve le petit filet. Responsable.
14e min. : BUT POUR L’ATLETICO DE MADRID (2-0). Griezmann récupère le ballon grâce à la glissade de Van de Ven, élimine Danso, fixe Kinsky et marque en fermant sa frappe pied gauche.
15e min. : BUT POUR L’ATLETICO DE MADRID (3-0). Sur une passe en retrait, Kinsky veut jouer directement pied gauche (son pied faible), rate sa frappe et donne le ballon à l’attaquant. Responsable.
16e min : Tudor le remplace par Vicario.
Décisif : 2 fois / Responsable : 0 fois
22e min. : BUT POUR L’ATLETICO DE MADRID (4-0). Sur un corner au premier poteau dévié par son propre défenseur, Vicario réalise un arrêt décisif mais malheureusement pour lui, il ne fait que retarder la sentence puisque Le Normand surgit pour pousser le ballon derrière la ligne.
33e min. : Lookman est trouvé à 7m sur sa gauche. Solide sur ses appuis, Vicario s’impose du genou droit sur une frappe puissante. Décisif.
34e min. : Frappe des 30m sans puissance qui permet à Vicario de se saisir du ballon très facilement.
46e min. : Frappe depuis un angle très fermé et proche de Vicario. Intelligemment, il reste sur ses appuis et ferme toutes les options possibles. Décisif.
55e min. : BUT POUR L’ATLETICO DE MADRID (5-1). Alvarez se présente en un contre un, fixe Vicario et l’ajuste d’un intérieur du pied droit.
Décisif : 0 fois / Responsable : 0 fois
Rien à signaler dans ce domaine.
Guglielmo Vicario a apporté de la sérénité en possession et la supériorité numérique attendue.
Le pari d’Igor Tudor semblait fou voire insensé, il l’a été !! Un choix qui, quelles qu’en soient les raisons, ne démontre rien d’autre qu’une méconnaissance du poste et un manque flagrant d’intelligence émotionnelle de l’entraîneur des Spurs.
Aligner un jeune gardien de but qui n’a pas joué depuis plus de quatre mois, novice à ce niveau, à l’extérieur dans un match à élimination directe, sous le regard du titulaire habituel apte à jouer et performant, c’est mettre une pression démesurée à son portier. Le solliciter aux pieds en début de match alors que ses situations font partie des plus compliquées à gérer émotionnellement pour un gardien, c’est ajouter un poids considérable sur les épaules de son portier. Le remplacer au bout de 16 minutes, c’est le condamner.
Si Tottenham aura besoin d’un exploit au match retour pour se qualifier, la faute n’est imputable ni à Kinsky, ni à Vicario qui, par deux fois décisif, aura limité la casse autant que faire se peut, mais bel et bien à son entraîneur et ses choix insensés. « Ceux qui n’ont pas été gardien de but ne peuvent pas comprendre à quel point ce poste est difficile » a déclaré David De Gea après le match en soutien au jeune Kinsky. Dommage que Tudor ne l’ait pas non plus compris…
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Analyse réalisée par Thierry Barnerat, expert senior goalkeeper & analyste personnel de la performance de Thibaut Courtois.
