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19 March 2017


Nous sommes le 28 septembre 2016, et Valence se déplace à Séville, avec pour bonne intention de contrarier l’ogre andalou, qui impressionne cette saison. Néanmoins, Séville ne se laisse pas faire, et mieux encore prend l’avantage 2-1. Mais Valence pousse, Valence ne désespère pas, Valence lutte. Après tout, ils ne sont qu’à un but de l’extase. Ce but à la 93ème, qui signifierait tellement pour les Valencians, menace Séville comme une épée de Damoclès, pesant horriblement lourd sur leurs têtes. Cette menace perpétuelle, qui terrifie le public de Sanchez Pijuan, mortifie tout un stade. Les supporters sévillans, d’habitude si enclins à chanter leur vibrant hymne, craignent le pire. Et leurs craintes sont fondées, puisqu’à 30 secondes du terme, lorsque le ballon atterrit dans les pieds d’un maillot noir et orange, tout menace de s’écrouler. Pire que la défaite, les sévillans ne peuvent supporter la joie des Valencians. Hérésie.

Mais alors que tout semble perdu, et que l’attaquant valencian déclenche une frappe surpuissante, un raz de marée bleu surgit. Sergio Rico, comme une vague qui emporte tout sur son passage, ouvre ses larges ailes. D’un réflexe impressionnant, il détourne d’une main d’acier le boulet de canon. Tout un stade suspendu à la magie d’un instant, où le portier sévillan rentre déjà dans la légende du club. Sergio Rico confirme, lui  qui est arrivé là presque par hasard, qui semble bien trop discret pour endosser la carrure d’un club au caractère si fort, et qui semble bien trop jeune pour mener une équipe qui a gagné les trois dernières Europa League. Sergio Rico pourra t’il confirmer tous les espoirs fondés sur lui ? Éléments de réponse.

Un pur produit andalou

Sergio Rico intègre les écoles de jeunes de Séville à 13 ans. Dès lors, il gravit les échelons de la maison sévillane étape par étape, un rêve devenu réalité pour le gosse sévillan qui déclarait vivre les matchs à Sanchez Pijuan avec les émotions du jeunot venu admirer les guerriers combattant pour sa patrie. Un tel spectacle, il en fera partie quelques années plus tard. Alors qu’il a écumé les divisions de jeunes et se retrouve à l’âge de 21 ans en posture de 3ème gardien, les portes de l’arène s’ouvrent à lui. Il en faut peu pour devenir le héros d’un peuple, et Sergio saisit parfaitement l’occasion. Septembre 2014, les blessures de Beto et Barbosa le propulsent au rôle de titulaire contre Getafe. Une victoire 2-0 plus tard, le gamin est devenu le vaillant guerrier qu’on admire aujourd’hui.

Mais la naissance d’un guerrier prend du temps, surtout à un poste clé comme celui-ci. Beto revient puis se blesse à nouveau début février. Sergio Rico y voit alors l’occasion d’asseoir définitivement sa place dans l’antre sévillane, et dépossède Beto de sa place de titulaire. Une saison 2014 aboutie, couronnée par un titre européen, la seconde Europa League du club d’affilée, et une finale où il est déterminant, et voilà Sergio Rico devenu grand. Lui qui admirait et encourageait ses futurs coéquipiers, il déclare maintenant que « son rêve est devenu réalité ». Il est désormais un habitué de la Roja avec 23 sélections, 3ème gardien derrière De Gea et Reina. Qu’y a-t-il de plus beau que de défendre sa patrie ?

 

Un style particulier

Sergio le guerrier, Sergio le rempart, Sergio le mur sévillan. Et tel un mur, Rico fait dans la sobriété. Pas de détentes pour la caméra, pas d’envolées spectaculaires. Non, le guerrier sévillan reste efficace, achève de sang froid l’ennemi. Sur les frappes à mi-distance, il est sûrement l’un des meilleurs au monde. Sa taille lui permet de se déployer de tout son long pour aller chercher les assauts ennemis. Très bon au sol, le gardien andalou se couche très vite et repousse souvent parfaitement les ballons, presque toujours sur le côté pour éviter une reprise de l’attaquant. Une technique de main assez spécifique : à une main au sol, à deux mains sur les ballons plus hauts. Il se repose également sur un placement toujours pertinent qui lui permet de rester proche des ballons.

Le portier espagnol est également très fort sur les duels. Il tend à rester très longtemps sur ses appuis avant de se jeter, et explose au dernier moment, en écartant les jambes au maximum pour prendre le plus de places. Son grand gabarit lui permet de couvrir ainsi l’angle. Lorsqu’il ne se jette pas, il préfère la sortie genou à terre pour boucher le trou entre ses longues jambes, désavantage d’un grand gardien souvent. De très bons réflexes également, qui lui permettent de se coucher très vite, même s’il capte finalement peu. Son jeu aérien reste sobre et peut être amélioré puisqu’il boxe souvent, sans prise de risque. Son jeu de relance est également assez traditionnel, sobre et assez serein. Il se distingue magnifiquement par une régularité impressionnante, puisque sur ces deux dernières saisons, il n’a commis qu’une seule erreur décisive (amenant un but).

Un match qui résume très bien Rico, contre Barcelona en octobre 2015.

 

Un cadre du haut de ses 23 ans

Si Rico pèse autant dans le cœur sévillan, qui apprécie tant le sacrifice et l’amour du maillot, c’est que le portier ne cesse de prendre de l’envergure dans ses cages. De par ses sorties médiatiques sobres mais remplies d’amour du maillot, le « sevillismo » de Rico séduit. Surtout, le portier espagnol ne cesse de se rendre décisif pour les andalous. En effet, les confrontations avec le Real ou le Barca ces dernières années ont été pour lui de superbes occasions de s’attirer l’amour des supporters. En témoigne cette statistique parlante : à Sanchez Pijuan, le gardien affiche 3 victoires en 4 matchs en Liga contre les deux cadors espagnols.

Cette faculté à se rendre décisif couplée à une rage de vaincre impressionante, en ont fait un incroyable lieutenant de l’armée sévillane. Le club andalou en plus de ses 3 Europa League lors des 3 dernières années, semble cette année entrer dans une nouvelle dimension en tenant le rythme du Barca et du Real. La période coïncide parfaitement avec l’arrivée de Sergio Rico au pouvoir, qui apporte une sérénité et une combattivité indispensables.  Le gardien espagnol a de belles années devant lui en perspective, lui qui à seulement 23 ans, est déjà une pièce indispensable à la machine andalouse. Nul doute que Sergio Rico ne bafouera pas à son serment d’allégeance à la légion sévillane.

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Sergio Rico exulte après sa victoire contre Barcelone en 2015 (Source : Goal.com).

 

Source de l’image de l’article : vamosmisevillafc.com

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