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3 December 2018


Quand on parle de Grégory Coupet, la première image qui nous vient à l’esprit, c’est sa bonne humeur car Coupet dans le football, c’est d’abord une  histoire humaine. Il fait partie d’une bande de potes qui a réussi ce que personne d’autre n’avait encore obtenu en France : gagner 7 titres de champions d’affilée. 

L’équipe lyonnaise a forgé son hégémonie sur une base, cette base qui n’a jamais flanché, sur un dernier rempart constant et fiable, un gardien capable d’aller au feu pour ses coéquipiers. Un mec qui a duré et qui perdure encore dans le football, Grégory Coupet.

Les débuts en vert 

Né au Puy-en-Velay le 31 décembre 1972, Grégory adore le sport et sait qu’il est fait pour pratiquer un sport. D’abord attiré par le rugby de par ses origines auvergnates, il se tourne finalement vers le football qu’il pratique juste par pur plaisir. Il découvre le poste de gardien de but assez tôt et a pour référence Joël Bats, son futur mentor durant les grandes années lyonnaises.

Grégory commence par jouer au CO le Puy avant de rejoindre, à l’âge de 17 ans, le centre de formation de l’ AS Saint Etienne qui était en partenariat avec le CO le Puy à l’époque.

Source : ancien vert
Source : ancien vert

Après quelques années passées en équipe réserve, Greg Coupet arrive dans l’effectif lors de la saison 1992-1993 à la demande de Jacques Santini.

Cette période coïncide avec des problèmes financiers auxquels fait alors face l’ASSE. Le club du Forez n’arrive pas à garder ses joueurs et oblige le coach Santini à lancer quelques jeunes dans l’effectif.

Coupet connaît son premier match pro lors de la saison 1993-1994, face à Angers (victoire 2-0). Mais c’est lors de la saison 1994-1995 qu’il deviendra le gardien titulaire de l’ASSE jusqu’en janvier 1997.


Son arrivée à Lyon, envers et contre tous 

“Un, je n’avais pas le choix, Saint-Etienne avait besoin de liquidités. Deux, l’idée de jouer en première division me motivait.” 

Grégory arrive en janvier 1997 de l’autre côté de la Saône, à l’Olympique Lyonnais . Il arrive dans un contexte des plus difficiles, venir de seconde division et arriver au mercato hivernal pour remplacer un gardien mythique, Pascal Olmeta.

Le contexte est encore plus compliqué quand on sait qu’il vient de l’ennemi juré et qu’à l’époque le vestiaire était formé de « vrais » lyonnais. Avant son arrivée, Olmeta et Sassus en viennent aux mains et l’OL prend la décision de licencier son portier. Jean-Claude Nadon, alors deuxième gardien derrière Olmeta, voit Coupet lui chiper la place qui lui semblait promise. 

Coupet, alors en deuxième division, fait lui le pas difficile de partir de Saint-Etienne pour Lyon. Si le contexte est difficile en interne, il semble l’être aussi à l’extérieur. L’arrivée du gardien des Verts n’est vraiment pas appréciée par les fans lyonnais. C’est simple, les supporters n’en veulent pas ! Il se souviendra même d’un tag sur un mur « Olmeta président, Breton titulaire. On ne veut pas d’un sale vert » . Il avouera de lui-même que ce ne fut pas évident à gérer car il devait à la fois contenter les supporters, mais aussi les anciens du vestiaire. À chaque défaite, il était remis en cause, mais au bout de 2-3 ans, il commence à être lyonnais.

La suprématie

Après un début difficile à être sans cesse remis en question, Grégory Coupet et l’Olympique lyonnais s’installent en haut du classement, finissant dans les 3 premiers du championnat depuis la première saison pleine de l’ancien stéphanois. La stratégie lyonnaise de recrutement et les investissements du club l’amènent au plus haut.

Grégory et l’OL tiennent enfin leur premier titre ensemble en 2001 en soulevant la Coupe de la Ligue au détriment du Monaco de Claude Puel. Ce titre, qui paraît anecdotique car la coupe de la Ligue n’est pas une priorité pour les clubs, devient le point de départ de l’hégémonie lyonnaise et du règne de Coupet sur la Ligue 1. Durant 7 années, de 2002 à 2009, les lyonnais auront la main mise sur le championnat, une période durant laquelle le portier des Gones aura eu le temps de nous offrir quelques arrêts de hautes volées.

Qui ne se souvient pas de ce double-arrêt de légende en 2001, lorsqu’il repoussa de la tête sur la barre une passe en retrait aérienne de Claudio Caçapa, un ballon que reprendra Rivaldo de la tête et plaça à la droite du portier lyonnais ?! Vitesse d’exécution, réflexe, audace, tout y était pour que l’ange Greg n’encaisse pas ce but que tant de supporters blaugrana s’apprêtaient à celebrer.

Mais celui qui fera le plus parler sera cette main opposée qu’il nous délivra lors d’un derby après 5 mois d’absence, due à une blessure du genou contracter en allant chercher un ballon dans ses propres filets. Toute l’émotion et la beauté d’un arrêt de grande classe résumées dans le commentaire spontané d’un Florian Maurice émerveillé : “Oh oui Greg !! Il la sort !! Main Opposée Richard !”

 
C’est d’ailleurs à cette époque que Grégory et l’OL prennent du poids en dehors des frontières françaises. Il honore sa première sélection le 1er juin durant la Coupe des Confédérations en Corée du Sud, tandis que l’OL commence à asséner ses premiers coups de griffes dans la plus grande des compétitions, avec notamment une victoire 3-0 à domicile face au grand Bayern Munich, futur vainqueur de l’édition 2000-2001.

On se souviendra tout aussi aisément des multiples affrontements face au Real Madrid galactique dont les Gones sont sortis vainqueurs et d’une victoire démesurée 7-2 contre le Werder de Brême, mais c’est bien plus tard que Coupet et les siens vont faire peur sur la scène européenne, mais buteront sur des détails.

En 2004-2005, les coéquipiers de Coupet s’inclineront aux tirs-au-but face au PSV et ce fameux penalty oublié sur Nilmar, fauché par Gomes. C’est en 2006 que les coéquipiers de Greg Coupet seront perçus comme un des prétendants au titre. Malheureusement, face au Milan AC, le gardien des Gones dut s’incliner à la 88eme minute sur une frappe de Schevchenko qui rebondit sur les 2 poteaux et arrive dans les pieds de Pipo Inzaghi qui crucifie les lyonnais. C’est à l’heure actuelle le plus grand regret des Gones qui étaient à deux doigts d’éliminer un des prétendants au titre suprême. Deux épines européennes qui marqueront l’histoire du club et la carrière de Coupet.

 

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Coupet et Cris : Source : Football 365

Grégory a montré pendant toutes ces années qu’il était l’un des patrons de l’OL. Son charisme et son abnégation ont fait de lui l’une, si ce n’est la référence du poste en France lors des années 2000. Sa blessure au genou en 2007, a notamment mis en avant tout son caractère.

Ayant comme premier objectif de revenir en décembre pour un match décisif à Ibrox Park pour continuer l’aventure en Ligue des champions, il échoue dans sa quête de revenir à cette date. Dans une mini-serie créée par Telefoot pour suivre le gone lors de sa rééducation, le sourire est de rigueur mais le travail aussi. On y voit un gamin de 35 ans qui se donne les moyens de revenir à un niveau qui était le sien, mais toujours avec cette bonne humeur caractéristique du bonhomme.

C’est finalement tout naturellement que l’ancien gardien stéphanois est adopté et adulé par les supporters lyonnais, lui qui n’a perdu aucun derby sous les couleurs lyonnaises, et quand on lui pose la question de savoir qui il supporte entre ces deux clubs, la réponse est claire.

Dans un entretien accordé au site Social Gones, il déclare : “Sans aucun doute l’OL ! Je l’ai découvert lors d’un derby, c’était à l’époque Hugo Lloris dans les cages et on perd le match 3-0. Jusqu’à présent, on avait pris l’habitude de gagner tous les derbys, donc ça ne me dérangeait pas de dire que j’étais 50% supporter de l’OL et 50% supporter des verts. On était toujours du bon côté puisqu’on gagnait (rires). Et depuis ce jour-là, je suis fou furieux et totalement pour l’OL. J’aimais bien dire que j’étais toujours neutre, mais je crois que j’ai toujours été lyonnais (rires). J’ai tout gagné à Lyon donc forcément, c’est marquant.”

Le bonheur inachevé

Outre les affrontements européens, c’est dans ses années lyonnaises que Coupet découvre les joies des sélections internationales. Il est ainsi appelé avec les Bleus lors de la Coupe des Confédérations 2001 en Corée du Sud et y disputera son premier match lors d’une défaite 1-0 face à l’Australie lors du 2ème match de poule.

Par la suite, Grégory sera présent lors de la coupe du monde 2002, le championnat d’Europe 2004, la coupe du monde 2006 et sera titulaire lors de sa dernière compétition, l’euro 2008. Mais ce ne sera pas lors de cet évenement que Coupet se sera fait le plus remarquer, mais bien en 2006. En effet, suite à un crachat de Barthez envers un arbitre lors d’un match entre Marseille et Wydad Casablanca le 12 février 2005, Coupet voit son seul obstacle à la place de titulaire en équipe de France s’éliminer lui-même pour une longue période.

Profitant de l’absence du champion du monde 1998, Grégory jouera tous les matchs qualificatifs restant pour la coupe du monde 2006. Auteur d’une très grosse saison 2005-2006, il est le gardien qui postule légitiment au poste de titulaire pour la coupe du monde allemande. À ce moment là, Grégory Coupet est à l’apogée de sa carrière.

Il est au sommet avec Lyon, alors que Barthez n’a plus cette légitimité du terrain mais profite de son passif de cadre de l’équipe de France. Malgré tout, le choix de Domenech se porte sur Barthez et le fera savoir au gardien lyonnais en catimini, lors d’un rendez vous avec Bruno Martini au Novotel de Lyon. Greg est “au fond du trou” mais sera bel est bien numéro 2 pour la coupe du monde en Allemagne.

Image associée
Coupet et Barthez à l’entrainement – Source : poteaux-carrés

Mécontent de son statut et du traitement de faveur pour le divin chauve, qui selon l’ancien lyonnais “ne respecte pas le collectif” en ne faisant pas l’ascension de Tignes pour une blessure au mollet, et souligne “qu’il ne vient pas au rassemblement” dans les hauteurs de Tignes. Coupet finit par sortir de ses gonds et quitte le stage de préparation de Tignes le temps de retrouver la raison après quelques appels de sa mère et de son ancien coach, Gérard Houiller. 

Finalement il reviendra dans le groupe et sera convoqué dans la chambre d’un Domenech qui se fera “rentrer dedans” par Coupet. Le sélectionneur de l’équipe de France lui avouera enfin que pour lui Coupet était meilleur que Barthez, mais Grégory restera sur le banc lors de la compétition. Il verra la France être en difficulté lors du début de la compétition, pour finalement monter en puissance et être la victime d’un dénouement si cruel en finale face à l’Italie. 

Son aventure si difficile chez les Bleus, Greg l’achèvera lors d’un Euro 2008 complètement raté par une équipe de France qui sera très remaniée et en reconstruction pour les années suivantes.

L’après Lyon

Après plus de 10 saisons à l’Olympique Lyonnais, Greg décide de se lancer un nouveau défi et part découvrir la capitale espagnole chez les Colochoneros de l’Atletico. Le temps d’une saison avec seulement 11 petits matchs et n’ayant pas la préférence de son coach face à Léo Franco, Greg revient en Ligue du côté de Paris, mais non sans difficulté.

Il perd sa place de numéro 1 à la faveur d’Apoula Edel après un match très compliqué à Sochaux. Avec lucidité, il avait lâché qu’Edel était meilleur que lui et méritait la place de numéro 1 sous les bois parisien. Il finit donc sa carrière le 29 mai 2011 à … Saint-Etienne.

La boucle est bouclée et Grégory peut enfin faire un break hors des terrains tant attendu, et vient amener son analyse en septembre 2011 dans l’émission Luis Attaque de RMC avec l’envie de découvrir l’envers du décor des médias.

 

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Coupet avec Anhtony Lopes – Source : Le progrès

Après quatre années dans les médias, Grégory souhaite retrouver les terrains et devient stagiaire pour obtenir le CEGB. Il passe son stage à l’Olympique Lyonnais et devient entraîneur des gardiens de but du groupe pro 2 jusqu’en décembre 2017, pour finalement prendre la suite de son mentor, celui-là même qui l’avait totalement façonné pendant ses meilleures années lyonnaises : Joël Bats. À lui à présent de guider Anthony Lopes et les portiers rhodaniens dans ses pas, vers les sommets.

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Photo de couverture : madeinparisiens

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